ENLIGHT: dix ans plus tard

Le réseau ENLIGHT a été créé il y a dix ans dans le but de fédérer une communauté pluridisciplinaire de professionnels dans le domaine de l’hadronthérapie (Image: ENLIGHT)

Le réseau ENLIGHT (European Network for Light Ion Therapy) a été créé il y a dix ans dans le but de fédérer une communauté pluridisciplinaire de professionnels dans le domaine de l’hadronthérapie, un type de radiothérapie qui utilise des faisceaux de protons et d’ions pour le traitement du cancer.

Cliniciens, physiciens, biologistes, informaticiens et ingénieurs possédant une expérience de la thérapie utilisant des protons et des ions carbone ont été invités à collaborer sur des projets de recherche et, grâce au réseau, à mettre en commun leurs connaissances, leurs données et les meilleures pratiques. À l’heure actuelle, plus de 400 participants de plus de 20 pays européens utilisent le réseau ENLIGHT pour collaborer dans le cadre d’un vaste programme de recherche dans le domaine de l'hadronthérapie.   

« En 2002, la mise sur pied d’un tel réseau s’apparentait à un rêve, souligne Manjit Dosanjh, conseillère pour les sciences de la vie au CERN et coordinatrice d’ENLIGHT, mais si l’on regarde la taille, la cohésion et l’impact au plan scientifique de ce réseau, le jeu en valait la chandelle. »

La recherche en hadronthérapie nécessite des compétences pluridisciplinaires. Certains chercheurs étudient les mécanismes biologiques qui déterminent la manière dont les cellules cancéreuses réagissent aux hadrons et développent des techniques et des outils afin d’améliorer les traitements et de réduire le plus possible les lésions des tissus sains.  D’autres font appel à des concepts utilisés pour les accélérateurs et les détecteurs de particules en physique des hautes énergies pour améliorer le diagnostic, la dosimétrie, l’imagerie numérique et des solutions informatiques.

Aujourd’hui, le réseau ENLIGHT chapeaute quatre projets de recherche financés par la Commission européenne : PARTNER, ENVISION et ENTERVISION (tous coordonnés par le CERN) et ULICE (coordonné par le CNAO). Ces projets sont consacrés dans une large mesure à la formation pratique de jeunes scientifiques européens, pour un budget total de 24 millions d’euros.

Les données et les connaissances acquises dans le cadre de projets de recherche et d’essais cliniques sont échangées lors de rencontres professionnelles comme la conférence ICTR-PHE, née en 2012 de la fusion entre la Conférence internationale sur la recherche translationnelle en radio-oncologie et de l’atelier du CERN sur la physique au service de la santé, organisé pour la première fois en 2010.

Ces deux événements avaient été l’occasion de discussions préliminaires sur l’opportunité d’avoir au CERN une ligne de faisceau consacrée aux applications biomédicales. « Une telle installation représenterait une avancée importante pour la radiobiologie et la recherche en oncologie, estime Steve Myers, directeur des accélérateurs et de la technologie au CERN.  Elle fournirait des faisceaux de particules de types et d’énergies différents, indispensables pour la radiobiologie, les études sur la fragmentation et le développement de détecteurs, tout en favorisant les collaborations entre les équipes de chercheurs en Europe et de par le monde. »

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