Préparons-nous à la prochaine étape

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Dix ans plus tard, il allait de soi que le tunnel du LEP devait être à même d’héberger par la suite un collisionneur de hadrons. Mais d’autres projets avaient aussi été proposés, comme construire de grands anneaux de stockage de protons ou équiper les ISR d’aimants supraconducteurs. Certains suggéraient de construire au CERN un collisionneur électron-proton, tandis que d'autres ambitionnaient pour l’avenir plus lointain la construction, quelque part dans le monde, d’un éventuel Très grand accélérateur (Very Big Accelerator – VBA). Rien d’inhabituel en physique des particules, où les délais de réalisation sont très longs et, si la plupart de ces projets n’ont jamais vu le jour, ils ont ouvert la voie au LHC. Alors que le programme LHC suit son cours, l’heure est venue pour le CERN de commencer à envisager sérieusement les options possibles pour l’après-LHC.

L’option la plus connue est peut-être celle d’un collisionneur linéaire, construit au CERN ou ailleurs, mais ce n’est pas la seule. Une autre s’est fait jour lors de la récente mise à jour de la stratégie européenne pour la physique des particules, qui a recommandé entre autres de mener un vigoureux programme de R&D axé sur des machines hadroniques ou leptoniques à la frontière des hautes énergies. Dans cet esprit, nous lançons sur cinq ans une étude de conception internationale sur le potentiel de futurs collisionneurs circulaires (étude FCC), qui sera centrée sur un collisionneur de hadrons à l’énergie de collision de 100 TeV abrité dans un tunnel de 80 à 100 km de circonférence. Elle complètera les études en cours, déjà bien avancées, sur des collisionneurs linéaires.

L’étude FCC se penchera aussi sur le potentiel d’un collisionneur de leptons de même taille comme étape intermédiaire, et examinera l’option lepton-hadron. Toutes ces propositions ont leurs partisans et des groupes de travail informels ont déjà été constitués : VHE-LHC pour la machine hadronique, TLEP pour la machine leptonique et VLHeC pour le collisionneur lepton-hadron. L’étude FCC sert de cadre d’examen formel de ces propositions. Sa durée a été fixée à cinq ans afin qu’elle puisse servir de base à la prochaine mise à jour de la stratégie européenne, prévue pour 2018. Le coup d’envoi de l’étude sera donné lors d’une réunion qui aura lieu au CERN en février. Pour plus d’informations, consultez Indico.

Comme l’étude VBA en son temps, l’étude FCC prendra en compte toutes les options possibles pour un tunnel circulaire, même si priorité sera donnée à une machine hadronique. Les deux études ont également un autre point important en commun : elles partent du principe que l’Europe ne peut agir seule. C’est pourquoi nous invitons nos collègues du monde entier à se joindre à nous en février pour nous aider à amorcer le processus qui va permettre de passer à la prochaine étape de l’histoire mondiale de la physique des particules.