Frédérick Bordry prend ses nouvelles fonctions

Frédérick Bordry démarre cette nouvelle année en tant que directeur des accélérateurs et de la technologie du CERN (Image: CERN)

L’exploitation des machines

« Je deviens directeur des accélérateurs et de la technologie à un moment crucial pour le CERN. Cette année, en effet, nous allons remettre en route toute la physique non-LHC ainsi que les injecteurs du LHC pour, l’année prochaine, pouvoir redémarrer le collisionneur à une énergie de 13 TeV.

Le LS1 est la priorité de 2014. Il nous reste encore beaucoup de travail à faire mais presque toutes les activités concernées sont bien dans les temps et nous continuons à suivre notre philosophie : d’abord la sécurité, puis la qualité et enfin, le respect des calendriers.

La diversité de la recherche étant un élément fondamental pour le CERN, je tiens à souligner que la physique non-LHC fait aussi partie de mes priorités : notamment ISOLDE et son futur projet HIE-ISOLDE, nTof et sa nouvelle zone d’expérimentation EAR2, AD et le futur ELENA, ainsi que les travaux de la zone Nord, notamment pour NA62… toutes ces expériences sont essentielles car elles contribuent à assurer la diversité de la recherche en physique des particules. »
 

Le projet de construction

« Concernant le futur proche du CERN, la réunion sur la stratégie européenne pour la physique des particules, qui a eu lieu à Bruxelles en mai 2013, a conduit à la validation d’un grand projet de construction prévu pour la prochaine décennie : le HL-LHC (pour High Luminosity LHC). C’est un projet ambitieux puisqu’il va concerner pas moins de 1,2 kilomètre de l’accélérateur et prévoit d’augmenter la luminosité intégrée du LHC d’un facteur 10 ! »
 

Les futures machines à haute énergie

« En parallèle du programme de construction HL-LHC, la réunion sur la stratégie européenne pour la physique des particules a donné le feu vert pour le lancement d’études de faisabilité pour deux projets fondamentaux pour le futur du CERN : le CLIC (Compact Linear Collider), et le FCC (Futur Circular Collider), une machine circulaire d’une centaine de kilomètres de circonférence pouvant atteindre une énergie de 100 TeV. Notre but est de proposer un rapport d’études conceptuelles pour chacun de ces deux projets lors de la prochaine réunion sur la stratégie européenne pour la physique des particules, qui devrait avoir lieu en 2018 ou 2019.

Bien-sûr, la communauté scientifique devra, à un moment donné, choisir entre les différentes options. La physique qui découlera de l’exploitation du LHC à 13 TeV dès 2015 nous montrera le chemin et nous indiquera quelle machine est la plus adaptée pour répondre aux questions des scientifiques. Ceci dit, on ne peut évidemment pas se permettre d’attendre les résultats du LHC pour se lancer dans la phase d’étude, c’est pourquoi nous allons continuer à développer les deux études en parallèle.

Je pense aussi que, dans notre monde moderne, la question de la durabilité énergétique doit faire partie de nos préoccupations. Dans tout nouveau rapport d’études élaboré au CERN, il devra y avoir un chapitre sur l’énergie, qui montrera qu’il est possible d'allier économie d’énergie et performance. Pour l’heure, nous cherchons déjà à trouver des solutions concrètes pour économiser et récupérer l’énergie dans nos accélérateurs existants. 

Je voudrais conclure sur le fait que mon mandat démarre au moment où plus de 1000 personnes travaillent pour le LS1 - améliorations des machines, construction et maintenance de l’infrastructure, etc. - et leur sécurité est notre priorité. Nous avons très bien commencé le LS1 et nous allons continuer sur cette lancée afin de permettre de redémarrer la physique non-LHC en 2014, et la physique au LHC en 2015, et ouvrir ainsi la voie aux projets futurs. »