Behind-the-scenes at Linac4, a linear accelerator under construction. It is the future starting point of the proton beams circulating in the Large Hadron Collider.

Accélérateurs

Un accélérateur propulse des particules chargées, comme des protons ou des électrons, à des vitesses très élevées, proches de celle de la lumière. Elles sont ensuite projetées sur une cible ou contre d’autres particules, circulant en sens inverse. ces collisions permettent aux physiciennes et physiciens de sonder l’infiniment petit.

Lorsque les particules sont suffisamment énergétiques, il se produit un phénomène qui défie le sens commun : l’énergie de la collision se transforme en matière. Elle se matérialise sous forme de particules, dont les plus massives existaient dans l’Univers primordial. Ce phénomène, qui ne prévaut que dans l’infiniment petit, est décrit par la célèbre équation d’Einstein E=mc2 : la matière est une forme concentrée d’énergie et les deux sont interchangeables.

Le Grand collisionneur de hadrons LHC, l’accélérateur le plus puissant au monde, propulse ainsi des particules communes, comme des protons qui forment la matière que nous connaissons. Accélérés à une vitesse proche de la lumière, ils percutent d’autres protons. Ces collisions génèrent des particules massives, comme le boson de Higgs ou le quark top. La mesure de leurs propriétés permet de comprendre la matière et les origines de l’Univers. Ces particules massives n’existent qu’un instant fugace et ne sont pas observées directement. Elles se transforment (ou se désintègent) instantanément en particules plus légères, qui se désintègrent à leur tour. Les particules issues des désintégrations successives sont identifiées dans les couches du détecteur.

Animation montrant le cheminement des particules dans le complexe d’accélérateurs jusqu’aux collisions dans le LHC. (Video: Daniel Dominguez/CERN)

Les accélérateurs du futur

Imaginer, développer et construire un accélérateur prend plusieurs dizaines d’années. Ainsi, l’ancien accélérateur Grand collisionneur électron-positon LEP n’était-il même pas mis en service que les scientifiques du CERN imaginaient déjà mettre en service un accélérateur plus puissant dans son tunel. C’était en 1984, vingt-quatre ans avant que le LHC ne démarre. Depuis 2010, les scientifiques planchent sur le successeur du LHC, le LHC à haute luminosité. Approuvé par le Conseil du CERN en 2016, ce LHC amélioré devrait démarrer en 2026. Les scientifiques du CERN travaillent également sur des accélérateurs au-delà de 2040, comme le Futur collisionneur circulaire ou le Collisionneur linéaire compact (CLIC). Des travaux sont également menés sur des technique alternatives d’accélération dans le cadre de l’expérience AWAKE.

Les accélérateurs du passé

De nombreux accélérateurs développés il y a plusieurs dizaines d’années sont toujours en fonctionnement. Le plus vieux d’entre eux est le Synchrotron à protons (PS), mis en service en 1959. Mais certains ont été arrêtés, leurs composants étant pour certains réutilisés pour de nouvelles machines, au CERN ou ailleurs. Retour dans le passé des accélérateurs du CERN.