Décembre 1991 : le web fait ses premiers pas hors du CERN

Le premier serveur web du monde, l’ordinateur NexT de Tim Berners-Lee, au CERN. Il porte toujours son étiquette où il est écrit à la main, en rouge : « Cette machine est un serveur. NE PAS ÉTEINDRE !! » (Image: CERN)

Il y aura vingt-et-un ans ce mois-ci, des physiciens du Centre de l'accélérateur linéaire Stanford (SLAC), en Californie, installaient le permier serveur web en dehors de l’Europe. Cette installation marquait le début de l’expansion mondiale du World Wide Web, un grand moment dans l’histoire de la communication à l’ère numérique.

Tim Berners-Lee et Robert Cailliau mettaient au point le premier navigateur, le WorldWideWeb, au CERN, en 1990. En novembre de la même année, ils présentaient à leurs collègues un nouveau langage de programmation appelé hypertexte. Un mois plus tard, Berners-Lee et Cailliau utilisaient le logiciel WorldWideWeb pour la première communication entre un client et un serveur web sur l’internet. La machine utilisée au SLAC utilisait le même logiciel pour gérer plusieurs pages, parmi lesquelles un répertoire téléphonique et des prétirages d’articles de physique des hautes énergies.

Le premier site web et serveur web du monde, info.cern.ch, était installé sur un ordinateur NeXT au CERN. La première page web avait pour adresse http://info.cern.ch/hypertext/WWW/TheProject.html et portait sur le projet WWW lui-même. On y trouvait des informations sur l'hypertexte, la technique permettant de créer sa propre page web, et même des explications sur la manière de rechercher des informations sur la Toile. Il n'existe pas de reproduction de la page d’origine. De toute façon, les informations étaient mises à jour quotidiennement, au fur et à mesure du développement du projet WWW. Vous pouvez voir cette page, dans une version ultérieure (1992), sur le site Web du Consortium du World Wide Web.

Le web au CERN s’est développé, partant de info.cern.ch pour accueillir ensuite un répertoire téléphonique, des articles de physique des hautes énergies et des informations générales sur les expériences menées au Laboratoire. Aujourd’hui, les CERN héberge plus de 10 000 sites web, et contribue ainsi à maintenir le contact au sein de la communauté mondiale des physiciens.